lundi 9 janvier 2012

Comme la première fois

23 décembre 2011


Le peintre est passé cette nuit.  Les lueurs du train m’arrivent maintenant à travers les blancs qu’il a laissés partout et sur tout.  C’est un cadeau du Père Noël.  Il pensait à moi, c’est certain.   Je ferme les yeux pour espérer savourer mieux et longtemps la douceur intérieure qui s'est installée.  Un déclic.  Se pose une délicate empreinte sous mes paupières closes, telles les images que me rendait mon vieux Pentax, captant le romantisme que je lui servais à force d'adolescence.  Adolescence gavée de Monet, Manet et Trenet. Bref, de tout ce qui était français.  Et c'est pas que pour la jolie rime que ça fait.

J'aime ces illusions qui se créent subitement dans mes paysages quotidiens.  J'aime me retrouver en un espace qui n'appartient qu'à moi et qui décelant mes envies, me transporte avec lui dans d'autres temps, d'autres lieux.

Et alors que s’allument doucement les réverbères de la rue, les longs gants blancs que portent le grand chêne d’à côté s’accordent avec le violacé du ciel.   Savante élégance de l’hiver. 

A chaque année, c'est comme la première fois.   Cet émerveillement qui ne s'éteint pas.  C'est qu'il me reste un peu de kérosène...

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