En vérité, si j'ai été si peu active récemment sur mon blog, c'est que j'ai eu tout un rhume pendant plusieurs semaines. A la suite de quoi, lundi le 5 décembre dernier, j’ai eu mon traitement de chimio.
Vous êtes curieux de savoir comment ça se passe ? Je vous raconte.
D’abord, faire quarante minutes de voiture jusqu’au CHUM. Stationnement public en face de l’hôpital. Quinze dollars ! Pour autant de temps que je veux ! Wow ! Quelle aubaine ! Pour le sourire du préposé, c’est en surplus. Marcher jusqu’à l’ascenseur 7 dans la pyramide de Notre-Dame. Un véritable labyrinthe et la découverte des catacombes de Notre-Dame surprend assez ma belle-sœur qui m’accompagne si généreusement ce jour-là. Monter au 4e (pas tout de suite, on ATTEND l’ascenseur pendant un siècle et demi, ce qui nous rend toujours perplexe quand on se rappelle que nous sommes dans un hôpital). Bon, enfin, je ne suis pas pressée, je suis même en avance de quelques minutes. Se présenter au comptoir de rendez-vous pour les traitements, complètement à l’autre bout du couloir. On a déjà fait un bon kilomètre de marche depuis le stationnement. Je suis en forme, ça va. On a bien mon nom sur la liste. Clic-clic, les cartes. On m’informe du numéro de salle et du nom de mon infirmière et on me remet mon dossier. Jamais rencontré cette infirmière auparavant. Je laisse mon dossier dans le petit casier de ladite infirmière et on retourne sur nos pas dans le long corridor qui mène à la salle d’attente. Deux ou trois minutes plus tard, on m’appelle. Nous refaisons le même trajet en sens inverse, vers la salle de traitement. J’ai de bons souliers, pas de problème.
Tout se passe merveilleusement bien. Pas de difficulté à insérer l’aiguille, à faire la prise de sang; mon poison est déjà arrivé (ce n’est pas toujours le cas), l’infirmière est très gentille malgré qu’elle semble débordée (ce n’est pas toujours le cas, ni pour le débordement ni pour la gentillesse). Je ne juge pas. Je constate. Malgré tout, pas le temps de sympathiser. Il y a environ 7 ou 8 patients dans cette salle, qui vont, qui viennent et sont remplacés par d’autres. Accompagnés, pour la plupart. C’est assez silencieux, on se repose. Certains ont préféré prendre de l’Ativan pour réduire leur stress. Quant à moi, le Bénadryl, qu’on nous donne chaque fois pour contrer les allergies, me suffira.
C’est très, mais alors là trrrrès tranquille en vérité (ce n’est vraiment pas toujours aussi calme, parfois il y a des blagues et des fou-rires, ça dépend des patients et du personnel). Je le dis parce que c’est presque d’un ennui mortel. Non, c’est vrai, parfois tout le monde est tout-sourire. Enfin.
L’infirmière vient me voir. M’accole une étiquette portant mon nom en haut de la poitrine, me répètera ce nom, le mien, à chaque petit sac qu’elle viendra ensuite me brancher, procédure de qualité et de sécurité obligatoire; je ne voudrais pas voler le poison de quelqu’un d’autre). Sylvie, ma belle-sœur, s’installe sur une petite chaise pliante (qu’elle a dépliée, évidemment, je tiens à le préciser) et se prépare à lire des magazines qu’elle a emportés. Elle n’aura pas le temps, le Bénadryl ne m’endormira pas finalement. On placotera pendant tout le temps que durera ce traitement, soit de 10h20 à 13 heures. On collationnera de fruits, de noix et autres petits coupe-la-faim, passe-le-temps, gère-le-stress. Elle risquera même de se perdre dans l'hôpital pour me ramener une bouteille d'eau. Elle a heureusement du courage et un bon sens de l'orientation. Comme l'eau sera bonne à mes lèvres !
Les petits sacs de poison se suivront, sans aucune perte de temps (ça aussi ce n’est pas toujours le cas, ça dépend du JUST-IN-TIME du produit et des infirmières, bref de la production de la journée).
L’infirmière viendra revoir avec moi les réponses que j’ai données au questionnaire habituel sur les effets secondaires du dernier traitement. Et s’assurera que mon traitement se passe correctement : « Avez-vous mal au cœur, mal au site d’injection, froid ou chaud, brûlures ? Avez-vous mal quelque part ? » Ben non, tout va super bien. Ce n’est pas toujours égal. Mais ce matin, tout se passe très bien. Je pense que vous me suivez assez bien maintenant.
On nous dit que tout est terminé, on me débranche, je peux partir. Ma voisine me dit : « Vous partez déjà? » avec dans la voix un petit frisson d’envie. Euh, je suis désolée.
Sylvie et moi refaisons notre rallye dans l’hôpital jusqu’au stationnement. Juste pour décourager davantage ma belle-sœur, j’emprunte un autre couloir et un autre sous-sol (il y en a trois) pour arriver à une sortie qui nous conduit à l’extérieur, au fond d’un grand espace sombre et humide, entre deux bâtiments plus ou moins couverts et jonchés de sacs de vidange, de poubelles et de détritus de construction. On accélère le pas. On débouche enfin sur le stationnement de l’hôpital.
Un autre quarante minutes vers la maison. Peu de circulation à cette heure de la journée. Vivement chez moi. J’ai faim. J’ai toujours très faim après un traitement. Puis, je me couche. Malgré tout, je suis fatiguée. Si fatiguée. Heureusement que ça s’est bien passé.
Je resterai fatiguée pendant plusieurs jours et j'aurai des nuits très variables, avec des douleurs tout aussi changeantes. Et puis, viendra ce jour où je me sentirai bien le matin et fatiguée seulement en après-midi; et celui où je n’aurai plus besoin de faire de sieste, seulement de m’asseoir à quelques reprises. Et enfin, aujourd’hui, debout avec ma coccinelle dès 6h30, déjà douchée, habillée et repue à 10 heures et… avec encore assez d'énergie à midi pour envisager quelques projets pour l’après-midi.
Mon plus gros projet de la journée portera sur le papier ! Oui, le papier d’emballage ! J’ai promis à ma petite chérie de respecter ses croyances : ainsi, j’aide le Père Noël à emballer des cadeaux.
Bonne journée à vous.
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