- Dis donc, ton blogue...
- Quoi ! Mon blogue ?
- T'énerve pas ! Je voulais juste...
- Tu veux toujours "juste" quelque chose. Et moi, je ne VEUX rien. En tout cas, je ne veux RIEN AUJOURD'HUI !
- Mais qu’est-ce que t’as aujourd’hui ?
- Je sais pas. J’en ai marre. Suis fatiguée, j’ai mal partout…
- Tu as pris tes anti-douleurs ?
- J’en ai pris deux ! Et puis j’ai mal au cœur. Mais j’ai faim, aussi. Je sais pas trop. Arrête de m’embêter, j’ai juste envie de me plaindre.
- Au moins t'as envie de quelque chose... Bon, sérieusement, je lisais l’autre jour, dans La Presse, un article sur la nécessité du bonheur… en fait sur la non nécessité de ne pas constamment rechercher le bonheur…
- Mais qu'est-ce que tu veux-tu que ça me fasse ? Je te parle pas de bonheur, là. Je me sens juste PAS BIEN !
- Ben, justement.
- Ben, justement, EN CE MOMENT, c’est PAS passé et j’ai envie de chialer que je suis fatiguée, fatiguée de fatigue, fatiguée d’être fatiguée, fatiguée de moi.
- Je me bourre la face de biscuits triple chocolats !
- C’est pas un peu trop… chocolatée… pour quelqu’un qui a mal au cœur ?
- Qu’est-ce que tu disais donc, au sujet du bonheur ?
- Euhhhh… c’est quoi le rapport ?
- Le rapport, c'est que j’ai le droit de me donner mal au cœur ou même d’empirer mon mal de cœur COMME JE VEUX : et je CHOISIS d’avoir mal au cœur dans la joie ! Ou le bonheur !
- C'est un peu furtif comme bonheur. Et puis, ils sont pas un peu brûlés, ces biscuits ?
- C’est pour ça que je me sacrifie !
- Bon, je ne dis plus rien.
- Bonne idée, laisse-moi en paix, c’est mieux. Je vais savourer mon « mal-être » et mes biscuits toute seule.
- Quand même, tu voudrais pas une petite « Gravol » avec ça ?
- Hum. Peut-être après.
- Je peux partir ?
- Non, attends. Tant qu’à faire. J’ai pas fini : J’ai même pas pris de douche, je ne suis pas habillée et je ne m’habillerai pas non plus de la journée. Il fait déjà noir. J’ai encore mal au dos, à l’épaule, au ventre et dans les côtes, quoique pas tant que ça—on a vu pire. J’ai l’air d’un épouvantail, je me déteste, je voudrais avaler un pot de somnifères et me réveiller la semaine prochaine, il ne fait même pas soleil et je ne sais plus où j’ai laissé le dernier livre de Kim Thuy et je m’en fout. J’ai pas envie de lire de toute façon !
- Mais encore ?
- Rien. Pour cette fois ça suffira. Ah ! Oui, une petite dernière : TU M’ÉNERVES ! TU FAIS CHIER ! TU TE CASSES, OK ?! Ah! Que ça fait du bien ! Où il est déjà le pot de « Gravol » au gingembre ?
- Le voilà...
- Dans le fond, une bonne chance que je sois là.
- Ben oui. C’est fou ce que c’est bon de discuter avec toi.
1 commentaire:
je t adore! je viens de lire ton blog pour la première fois ... brillante, authentique, vraie, sensible, ... quel talent! Je suis É-P-A-T-É-E, impressionnée, émue, heureuse de te lire!
Je suis en arrêt de travail jusqu'au 30 janvier; ça te dirait un café au Café de la Gare? Appelle-moi, on s'y rejoindra
bisous
Renée xx
Enregistrer un commentaire