Or donc, c'était prévisible, malgré mes presque précautions, j'ai attrappé un rhume. Le même virus, sans doute, que celui combattu par Florence et son père depuis des semaines. Un virus têtu, mais banal quand même, qui se manifeste surtout par une toux omniprésente et incontrôlable. Rien de grave, une anecdote, pas la peine d'en parler.
Comme je n'ai pas de fièvre, pas la peine non plus de m'en préoccuper.
Alors quoi ?
J'étais parmi les personnes sur qui les rhumes, grippes et autres virus du genre ne collaient jamais. Teflonnée. Et depuis trois ans que le crabe s'agrippe, encore jamais je n'avais été incommodée par un virus. Entraînée à ne pas me plaindre pour un rien, je devrais normalement avoir plein d'autres choses à raconter que justement celle-ci. Et voilà que j'en fais tout un plat. MOI ? D'un RHUME !
Je sais bien que la déstabilisation des certitudes et des principes n'est pas propre au cancer. Tous les événements importants, les crises et les grands stresseurs de la vie ont un impact semblable sur les gens. J'écoutais hier avec bonheur Les invités de mon père, un film tout à fait charmant et bien ficelé, qui met justement en lumière la nécessité de remettre en question nos principes, valeurs et modèles lorsque la vie prend des chemins inattendus. Tels les travaux sur l'autoroute, la vie nous force à moult détours et ralentissements, remorquant du coup un lot de doutes, de culpabilité, de regrets, de résignation ou d'impuissance.
Alors mon rhume ? Rien. Je tousse, je tousse et je tousse. Je décide d'ajouter à mon cockail de chimio encore actif un antitussif avec codéine et bénadryl =haha je vous impressionne avec mon vocabulaire médical ! Bref j'ai pris un sirop contre la toux de marque maison ET un anti-douleur. En prime, une pompe pour les accès de toux incontrôlable. Parce que exit mon principe qui visait à prendre une médication chimique en quantité minimale seulement en cas d'extrême nécessité. Plus rien à voir avec ma nouvelle réalité.
Mes principes s'accordent mieux avec les notions de confort à court terme. Je veux dormir et bien dormir.
Après le départ de ma fille pour l'école, je me suis recouchée (exit le principe de la lève-tôt). Me suis réveillée à 13h30. Wow ! La codéine a un effet boeuf sur moi. Il est 4 heures. Je n'ai rien fait de la journée, à part écrire ce petit bout
Faudrait quand même que je me douche, que je m'habille (pas obligée de mettre tous mes principes à la poubelle). Notre fille verra sa mère souriante et reposée, à l'écoute et présente. On fera les devoirs, le souper. On se racontera nos journées, nos petits secrets, nos peines et nos joies. On prendra un bon bain en discutant de choses sérieuses, des amis qu'on a perdus la veille et retrouvés au matin, de l'amoureux de la semaine, de l'examen raté, de l'avertissement reçu pour bavardages, de la décoration trop bébé de la chambre, et de tous ces petits riens qui composent la vraie vie. On se mettra au lit avec un bon livre, on se fera des câlins. Je m'arracherai de ses petits bras. Je menacerai de fermer sa porte si elle n'arrête pas de chanter. On se donnera rendez-vous au pays des rêves, celui des aventures, des couleurs, des scintillements, du bonheur, de l'innocence. Et si je tarde trop à ce rendez-vous, je m'offrirai une pilule pour dormir ! Exit la tisane du sommeil !
Il y a des rendez-vous que je ne peux plus manquer.
1 commentaire:
Voilà deux textes que je lis, ou plutôt dévore avec grand bonheur. J'en conclus que ce plaisir que nous retrouvons dans l'écriture, nous a probablement été transmis par nos générations antérieures ! C'est de famille, comme on dit, en bon français. :) Je reviendrai, souvent, dès que j'aurai un petit deux minutes.
Il y a dans tes écrits, un réalisme qui me donne la chair de poule, un amalgame d'émotions qui nous fait prendre conscience que la vie mérite d'être pleinement vécue, que chaque moment nous fait grandir. Il faut prendre une grande respiration, sourire à pleine dent et vivre ! À bientôt xxx
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