mardi 7 février 2012

Tu tires trop

Cher petit crabe,

Je m'adresse à toi et à ta famille.  J'ai bien remarqué que tu prends plus de place, tu as étendu tes tentacules jusqu'à mon poumon.  Je me demandais aussi pourquoi cette toux sèche et ces essoufflements, même à ne rien faire... c'était donc toi !  Vous êtes comme en vacances dans mon pays.  Mais ça ne vous suffit pas, ça vous prend des cours d'eau ici et là.  Et toute la petite famille va plonger dans l'ascite pendant que je me déplace comme une femme enceinte !  Toute cette eau, elle me pèse.  La nuit surtout.  Elle écrase tout.  Vous savez comme les futures mamans ont du mal à dormir dans les derniers mois de leur grossesse ?  Oui, vous savez.  Moi, non, je n'ai jamais eu ce bonheur de porter un enfant, mais je l'imagine maintenant sans peine.  Autrefois je pouvais facilement imaginer le bonheur de porter un petit, le sentir bouger, découvrir peu à peu les petits pieds qui s'impriment à force de pousser.  Aujourd'hui, ce sont les longues nuits des dernières semaines de grossesse que j'imagine.  Ni sur le dos, ni sur ce côté, ni de l'autre... peut-être si je m'asseyais...  en plaçant un oreiller comme ceci... non, plutôt celle-là.  Bon, enfin, je ne ferai de mal à personne si je me bourre d'anti-douleurs  Allons-y donc allègrement.  Pas trop, il faut que je me lève demain et dans un état d'esprit normal.  J'ai un petit déjeuner à superviser, un lunch à préparer et une longue conversation à soutenir avec cet adorable trésor qui me fait tenir encore.  Tu tires trop, petit crabe, mais je tiens encore fort.  Tu commences à jouer les durs.  Il me reste quelques armes.  Je t'ai laissé une chance et depuis deux mois tu en as profité.  Si tu savais comme ma pharmacie est remplie.  Tu ne l'auras pas facile.  Je voulais t'en avertir.

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